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Jean Marchetti au Centre de la Gravure à La Louvière : une exposition exceptionnelle jusqu’au 30 août

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« Je ne sais pas ce que je cherche, mais je sais quand j’ai trouvé » (Louis Scutenaire).

« Il n’y a que deux conduites avec la vie, où on la rêve ou on l’accomplit » (René Char).

« Il n’y a pas de mots sans images » (Jean Marchetti).

« Le papier est une matière qui me fascine depuis ma plus tendre enfance et mon envie d’éditer est un simple souhait de faire partager ma bibliothèque imaginaire, en créant des associations inédites de textes et d’images d’univers dont la rencontre n’avait jamais eu lieu »           (Jean Marchetti).

Pierre Alechinsky coiffant Jean Marchetti © Jean Marchetti

Au « Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de la Fédération Wallonie‑Bruxelles », à La Louvière, jusqu’au dimanche 30 août, faisons la connaissance d’un galeriste hors du commun, puisqu’il est, également, éditeur et … coiffeur, Jean Marchetti Boussu/1952).

La présente exposition met en lumière le parcours singulier de Jean Marchetti, une figure atypique de la scène artistique belge, à la fois éditeur, galeriste & … coiffeur. Animé par une curiosité constante et une liberté de regard revendiquée, il développa dès ses débuts une relation intime au papier et à l’objet imprimé.

À 21 ans, il ouvrait, donc, à Saint-Gilles, un salon de coiffure, où il recevaitt, entre autres, de nombreux artistes, découvrant que son regard d’autodidacte rejoint les avis de nombre de personnalités du monde de l’art de l’époque. Ainsi, de ces rencontres naît, progressivement, une activité d’expositions, donnant lieu, en 1976, à la création de son « Salon d’Art », un espace où se croisent des personnalités telles que Pierre Alechinsky Saint-Gilles/1927), Paul Cox Paris /1959), Kikie CrêvecœurBruxelles/1960) ou encore Roland Topor (1938-1997), sans oublier de nombreux autres créateurs.

Présent lors de la visite de presse, il déclara : « Je sais couper les cheveux. Pour le reste, je regarde & j’aime partager … Lorsque j’ai ai obtenu mon salon de coiffure, je me suis dit : ‘Vas-tu faire cela toute ta vie ? Tu as un diplôme de coiffeur, tu as ton salon de coiffure & puis ? » Trois ans plus tard, il ouvrait son « Salon d’Art », au sein de son salon de coiffure

En 1982, Jean Marchetti prolongea cette dynamique en fondant la maison d’édition « La Pierre d’Alun », conçue comme un lieu de dialogue entre écrivains & plasticiens. À travers les différentes collections de sa maison d’édition, il explore des formes éditoriales variées, favorisant la rencontre entre texte & image, accordant une attention particulière aux qualités matérielles du livre. Chaque publication témoigne de ce désir de créer des objets sensibles & porteurs de collaborations inédites, réunissant des auteurs issus d’horizons divers.

© Pierre Alechinsky © Photo : Jacques Baudoux

En 1982, Jean Marchetti prolongea cette dynamique en fondant la maison d’édition « La Pierre d’Alun », conçue comme un lieu de dialogue entre écrivains & plasticiens. À travers les différentes collections de sa maison d’édition, il explore des formes éditoriales variées, favorisant la rencontre entre texte & image, accordant une attention particulière aux qualités matérielles du livre. Chaque publication témoigne de ce désir de créer des objets sensibles & porteurs de collaborations inédites, réunissant des auteurs issus d’horizons divers

Cette exposition nous propose un parcours à travers l’aventure de Jean Marchetti, construite au fil de ses rencontres, en rassemblant des œuvres d’artistes présentées dans la Galerie d’Art, ainsi qu’un ensemble représentatif des éditions publiées. Elle esquisse un panorama subjectif de plusieurs décennies d’engagement en faveur de la création contemporaine, où se mêlent fidélité, intuition et goût de la découverte. À travers cette trajectoire, se dessine le portrait d’un passeur attentif, pour qui l’art et l’édition constituent avant tout des espaces de partage & d’expérimentation.

En concertation avec Jean Marchetti, au rez-de-chaussée, nous trouvons une sélection d’artistes présentés, au fil des années, dans son « Salon d’Art » : les piliers comme Alechinsky & Topor, mais aussi des figures plus singulières ou représentatives des esthétiques défendues par cet homme pluriel.

Au premier étage, nous découvrons sa facette d’éditeur, la ligne éditoriale de « La Pierre d’Alun », les quatre collections imaginées par Jean Marchetti y étant présentées, notamment à travers un ensemble complet rassemblé et emboîté par l’artiste Léon WuidarLiège/ 1938).

Soulignons que c’est Pierre Alechinsky, lui-même, qui réalisa le logo de la « Pierre d’Alun », Roland Topor ayant signé celui de son « Salon    d’Art ».

Lisons le propos de Christophe Veys, le directeur du « Centre de la Gravure », depuis 2021, historien de l’art, enseignant l’histoire de l’art contemporain, à « ARTS² » (« Ecole supérieure des Arts »), à Mons :« Cette exposition, déployant « 50 Ans d’Images et Mots », ravivant des souvenirs en cascade, est pour notre musée l’occasion de dire merci à cet ambassadeur infatigable du support papier & de l’estampe, de tenter de raconter son parcours & de donner à voir quelques créatrices & créateurs, qui ont croisé cette aventure hors norme. Le tout porté par une grande détermination, le hasard de rencontres, le désir de surprendre, la fidélité & bien d’autres choses encore. »

Outres des oeuvres de Pierre Alechinsky, Paul Cox, Kikie Crêvecœur & Roland Topor, déjà cités, nous pouvons apprécier des oeuvres de Nathalie Amand, Eduardo Arroyo, Glen Baxter, Pierre Bettencourt, Jorge Camacho, Jacques Charlier, Gerardo Chavez, Roman Cieslewicz, Roby Comblain, Stefan de Jaeger, Jacques de  Loustal, Camille De Taeye, Jo Delahaut, Anne Desobry, Gudmundur « Erró » (Gudmundur Erró), Yu Hirai, Alexandre Hollan, Koyuki Kazahaya, Aki Kuroda, Thierry Lenoir, Muriel Logist, Arié Mandelbaum, Stéphane Mandelbaum, Marcel Mariën, Thierry Mortiaux, Olivier O. Olivier, Simon Outers, Pol Piérart, Pierre Radisic, « Reinhoud » (Reinhoud d’Haese), Roland Roure, Jean Rustin, Antonio Seguí, André Stas, Jonathan Steelandt, Marc Trivier, Dan Van Severen, Vladimir Velickovic, Jacques Villeglé, Jan Voss & Yves  Zurstrassen.

Dans « Le Carnet et les Instants », Anne-Lise Remacle écrit : « Jean Marchetti, l’homme-orchestre du ‘Salon d’Art’ ; un tiers-lieu dédié autant à révéler l’authenticité des têtes (après coups de ciseaux) qu’à les nourrir d’œuvres de créateurs vivants. D’après l’auteur Marcel Mariën ‘le lieu le plus surréaliste de Belgique’, rien de moins ! Pas issu du sérail, fils et petit-fils de mineur, Jean Marchetti a cependant contracté très jeune le virus de la curiosité. En 1973, c’est en tant que coiffeur qu’il fait sienne cette adresse. Trois ans après, il y ouvre sa Galerie, décidé à accueillir le visiteur autant qu’à le faire réfléchir. En 1982, ‘Les Images virtuelles’, un texte d’André Balthazar (‘Daily-Bul’), illustré par Reinhoud (Reinhoud d’Haese/1928-2007/ndlr) – sculpteur, membre de ‘CoBrA’constitue le premier caillou blanc d’un catalogue éclectique, élaboré au fil de rencontres tangibles et en rhizome. Sa maison d’édition tire son nom de la pierre hémostatique utile au barbier. »

*** Infos pratiques :

Contacts : 064/27.87.27 & accueil@centredelagravure.be. Site web : https://www.centredelagravure.be/.

*** Finissage, le dimanche 30 août :

Afin de célébrer cette ultime journée sous le signe de la convivialité et de la création, la journée débutera par des visites guidées offertes, à 11h & à 14h30, avec la présence exceptionnelle de Jean Marchetti, qui partagera en personne ses anecdotes, ses souvenirs & son regard sur « 50 ans de rencontres », du « Salon d’Art » à la « Pierre d’Alun ».

A 16h, la célébration se poursuivra avec une lecture de textes donnée par Laurence Vieille, venant faire résonner en beauté le lien indissociable entre littérature & arts plastiques. Une occasion unique de parcourir une toute dernière fois l’exposition, guidé par la voix & la passion de son protagoniste.

Yves Calbert.